Situation économique des entreprises en Hauts-de-France en 2022

Article publié le 7/7/2022 – màj le 18/10/2022

Plus de 2300 dirigeants ont répondu à notre enquête trimestrielle de conjoncture, avec focus sur l’énergie

La multiplication des difficultés, le contexte économique et géopolitique engendre beaucoup d’incertitudes et d’inquiétudes chez les dirigeants qui sont de moins en moins optimistes et combatifs. Leur état d’esprit vire au pessimisme ce trimestre pour 58% d’entre eux. 23% d’entre eux sont inquiets, 11% stressés ou attentistes…

L’activité économique régionale s’essouffle légèrement
L’économie régionale résiste globalement malgré un contexte économique et géopolitique de plus en plus tendu, toutefois on observe un léger fléchissement de l’activité. Une entreprise sur 3 indique notamment un recul de son chiffre d’affaires notamment dans le commerce de détail (46%).

La crise énergétique, l’explosion des coûts des matières premières, les difficultés d’approvisionnements dans certains matériaux, les incertitudes économiques pour l’avenir font que les entreprises sont dans une situation inconfortable en cette fin d’année et ce contexte fait ressurgir des problèmes de trésorerie. 27% des dirigeants indiquent une trésorerie mauvaise ce trimestre contre 22% au second trimestre. Le solde d’opinion est en recul de 8 points ce trimestre passant de 19% à 11%…signe d’une fragilité plus importante des entreprises.

Autre signe d’inquiétude :  un léger repli au niveau de l’emploi ce trimestre sans toutefois connaitre une forte dégradation.

Enfin, 42% des dirigeants qui ont des projets d’investissements envisagent de les remettre en cause. Pour la fin d’année, les perspectives d’activité devraient se dégrader encore légèrement…

Les défaillances s’accroissent fortement : 2365 défaillances ont été enregistrées entre janvier et septembre 2022 soit 1160 défaillances de plus par rapport à la même période de l’année 2020. Sur un an on observe une forte croissance des défaillances dans le BTP, le commerce de détail et les HCR.

Les difficultés ne se tarissent pas avec l’augmentation des matières premières, la hausse des coûts de transport et le recul du pouvoir d’achat : le taux de difficultés sur les coûts des matières premières bat des records dans la construction, l’industrie et les hôtels, cafés et restaurants. La hausse des coûts de transport impacte la logistique et le commerce interentreprise. Enfin les difficultés de recrutement sont fortes dans le BTP, l’industrie et le HCR.

Focus sur l’énergie

Il n’est pas le premier, le choc énergétique qui touche l’Europe passe cette fois-ci par le gaz. Visible dès le printemps 2021, bien avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie qui l’a accentué, il s’est transmis à l’électricité, les deux marchés étant liés. Il pèse sur l’économie au travers des hausses de prix mais aussi des problèmes d’approvisionnement dont les effets sur la production commencent à se voir.
Les entreprises ne bénéficient pas de bouclier tarifaire (sauf celles de moins de 10 salariés réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 2 M€ pour lesquelles la hausse des prix sera limitée à 15 % en janvier 2023 pour le gaz et à 15 % en février 2023 pour l’électricité).
Les industriels payent leur gaz environ 90% plus cher, et l’électricité 22%. Certains secteurs, tels le papier-carton, la chimie, le verre, la sidérurgie, sont particulièrement exposés. Pour la filière papier-carton par exemple, dont les achats d’électricité et de gaz représentent 13% de la valeur de la production, cette augmentation fait basculer le résultat d’exploitation dans le rouge. Face à cette chute de rentabilité les entreprises doivent choisir: produire à perte ou bien limiter, voire arrêter la production.

Le choc se prolongera en 2023 pour les entreprises. Les contrats d’approvisionnement sont négociés tous les ans, or les contrats pour 2023 le sont à des prix extrêmement élevés.
Afin de contenir les factures d’énergie des professionnels, l’Etat compte prendre à sa charge les garanties financières demandées par les fournisseurs d’électricité et de gaz afin de réduire le risque d’un défaut de paiement. Cette mesure suffira t-elle à alléger suffisamment les charges qui pèsent sur les entreprises ? Qui d’un retour à un tarif régulé par les pouvoirs publics, à l’image de ce qui existe déjà pour les particuliers et les sociétés de moins de dix salariés.

Comment les entreprises de la région se situent par rapport à cette crise énergétique ? Quelles sont les conséquences sur leur activité ? Quelles actions sont-elles mises en place ?

Les trois quarts des dirigeants considèrent que la croissance des coûts de l’énergie a un impact (fort ou modéré) sur leur activité ! L’impact est plus fortement ressenti dans le transport ou le HCR.
L’augmentation subie se situe entre 10% et 25% pour plus de la moitié des entreprises interrogées. Toutefois dans l’industrie le coût a parfois été multiplié par 5 en un an !
Ces augmentations impactent d’abord les marges des entreprises et dégrade leur trésorerie…63% font le choix de répercuter cette hausse sur le prix pour le client final…Concernant la réduction de la production elle concerne 17% des dirigeants interrogés mais concerne 1 industriel ou professionnel du HCR sur 4…

Face à la flambée des coûts de l’énergie, les entreprises mettent en place différentes actions pour limiter la consommation en lien avec la politique de sobriété énergétique mise en place par le gouvernement mais reste à noter qu’un tiers d’entre elles  n’ont à ce jour mené aucune action afin de limiter la consommation d’énergie !

RESULTATS DES ENQUETES DES 1ER ET 2ND TRIMESTRES 2022

Quelle est la situation économique des entreprises des Hauts-de-France au cours du 2ème trimestre 2022 ?

Conséquences du conflit en Ukraine sur les entreprises de la région Hauts-de-France

Malgré un contexte géopolitique complexe et de multiples tensions et difficultés, les résultats de l’enquête de la CCI montre que l’économie régionale résiste et fait preuve de résilience.

Le solde d’opinion sur le chiffre d’affaires progresse à +28% (contre +13% en avril 2022). L’activité est dynamique dans tous les secteurs sauf dans certains secteurs du commerce de détail (notamment l’équipement de la personne).  Dans ce contexte favorable, le chiffre d’affaires progresse même si le solde d’opinion reste négatif à -4%. 

Les taux de difficulté des entreprises augmentent fortement au cours de ce second trimestre.

1ère difficulté : l’augmentation des matières premières : 51%

2ème difficulté :  La hausse des coûts de transport : 42%

3ème difficulté : l’augmentation des coûts de l’énergie : 40%

Focus sur les difficultés de recrutement

41% des dirigeants indiquent être modérément ou fortement impactés par les difficultés de recrutement (+3 points par rapport à l’enquête du 1er trimestre). Ces difficultés sont fortes et en augmentation dans l’industrie (62% contre 50% au 1er trimestre 2022) et dans le transport logistique (57% contre 46% le trimestre précédent).

Face aux difficultés de recrutement les entreprises mettent en place de nouvelles stratégies et adaptent leur politique RH. 62% portent leur attention sur la qualité de vie au travail, 48% utilise et communique sur les réseaux sociaux pour attirer de la main d’œuvre, 46% ont recours à l’apprentissage et 37% tablent sur les salaires et les primes pour recruter plus facilement.

L’analyse des canaux utilisés montre que c’est le bouche à oreille et les relations personnelles qui permettent aux entreprises de recruter plus facilement notamment dans la construction (81%), le recours à pôle emploi est privilégié par 41% des répondants et les réseaux sociaux professionnels par 39% des dirigeants

A noter que 22% des dirigeants indiquent que leur situation de trésorerie est mauvaise, un chiffre identique à ce que l’on observait en avril 2022

Au niveau des investissements, 1 dirigeant sur 3 projette d’investir, toutefois ¼ d’entre eux envisagent de les remettre en cause en raison du conflit en Ukraine et 31% sont indécis sur leur maintien.

Quelle est la situation économique des entreprises des Hauts-de-France au cours du 1er trimestre 2022 ?

La CCI de région Hauts-de-France publie son enquête exclusive sur les conséquences du conflit en Ukraine sur les entreprises de la région Hauts-de-France.

La situation économique connait une décélération au cours du 1er trimestre 2022 avec un recul du solde d’opinion sur l’activité. Avec le conflit,  on observe une amplification des difficultés, Les entreprises sont fortement impactées par l’augmentation des prix des matières premières, la hausse des coûts de transport et l’augmentation du coût de l’énergie. Enfin, les impacts actuels de la guerre en Ukraine sont principalement d’ordre financier et commercial/logistique.

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Vous autorisez la CCI à publier, reproduire, utiliser votre avis dans le cadre de sa communication.

Contactez-nous Nous sommes là pour vous
Delphine Denoual Direction des études Contacter par email

A lire également

rev3 - développement durable - RSE

Plan de sobriété énergétique : pourquoi les entreprises doivent agir pour l’efficacité

Le gouvernement a lancé cet été un grand plan de sobriété énergétique, qui doit être décliné dans tous les secteurs ...

rev3 - développement durable - RSE

Aides aux entreprises : des économies d’énergie pour la transition écologique

A Moreuil, dans la Somme, le restaurant Le Douze a pris la balle au bond et a bénéficié de financements ...

rev3 - développement durable - RSE

Décret tertiaire : votre entreprise est-elle concernée par cette nouvelle réglementation ?

Entré en vigueur en 2019, le dispositif impose aux propriétaires ou locataires de communiquer avant le 30 septembre 2022, leurs ...

Ces événements pourraient vous intéresser

Rencontres régionales de l’économie

-
Voir

Rencontres régionales de l’économie, Amiens

18h00 - 20h00
Amiens
Voir

Découvrez aussi ces solutions

Veille personnalisée et ciblée

Une veille économique pour connaitre les tendances d'un secteur d'activité, d'un marché, ... et orienter votre stratégie.

Découvrez cette solution

Observation des flux piétons en centre-ville

Une solution pour connaitre la fréquentation piétonnière en vue d'un projet d'implantation ou pour analyser l'impact d'un événément.

Découvrez cette solution

Etudes de retombées économiques

Une solution pour évaluer les effets économiques directs et indirects d’un événement ou d'un équipement sur l’économie locale.

Découvrez cette solution