Les PME doivent-elles avoir peur de l’intelligence artificielle ?

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«Dans l’opinion, l’intelligence artificielle va nous impacter bientôt : le jeu d’échecs, la reconnaissance de photos ou la commande vocale que chacun a dans son smartphone, c’est de l’intelligence artificielle», entame Philippe Mathieu, professeur de l’université de Lille. A la tête de la SMAC Team, son équipe au sein du laboratoire CRISTAL se focalise sur l’intelligence artificielle et la modélisation des comportements humains. L’intelligence artificielle fait déjà partie du quotidien des entreprises. «Existe-t-il une PME qui travaille à l’étranger, n’utilisant pas un logiciel de traduction automatique ?», questionne le professeur. Idem pour les péages automatiques : «Personne n’est au guichet mais c’est bien grâce à une forme d’intelligence artificielle que l’on me rend la monnaie». Jeux vidéos, logiciels de calculs, outil de reconnaissance vocale, etc. : de nombreux outils sont déjà dotés d’intelligence artificielle.

Applications multiples

Les applications de l’intelligence artificielle pour les PME sont multiples : réaliser un simulateur, mettre au point un robot capable de reconnaître les formes, créer un serious game pour former les utilisateurs, etc. « Le principal obstacle pour une PME aujourd’hui est le retour sur investissement : là où un constructeur automobile peut investir (et perdre) 500 000 euros, le risque est plus important pour les plus petites entreprises« .

« Ceux qui craignent l’intelligence artificielle se trompent, conclut le spécialiste. La machine bat aujourd’hui l’homme sur à peu près tous les domaines mais uniquement dans des tâches très spécifiques. Le défi futur consiste à concevoir une intelligence générale : et ce n’est vraiment pas pour demain. L’intelligence universelle humaine elle-même n’existe pas. »

Bon à savoir

La première apparition du terme intelligence artificielle remonte à 1956. Dès 1950, Alan Turing, mathématicien qui a lancé les bases de l’ordinateur, posait déjà la question « les machines peuvent-elles penser ? ».

C’est quoi l’intelligence artificielle ?

L’intelligence artificielle comporte une multitude de branches parmi lesquelles on trouve, par exemple :

  • La modélisation des comportements humains : c’est justement la spécialité de Philippe Mathieu, à savoir faire des personnages réagissant comme des humains, capables d’évoluer dans un univers artificiel pour tester des concepts. «Je crée un monde virtuel, comme par exemple un supermarché virtuel, je peux placer mes articles et regarder comment les individus vont se comporter face à un panneau, à une annonce de promotion, si personnes âgées vont regarder plus en haut ou en bas, etc.». Ces modélisations servent également aux secteurs de l’automobile, de la santé et même de la finance.
  • Le machine learning : cette technologie permet à la machine d’apprendre à partir de l’exemple, en traitant de grandes masses de données.

 

Dans cette discipline, on identifie la technique particulière du deep learning pour la reconnaissance des images, c’est le cas des codes postaux sur les enveloppes ou la reconnaissance de visages dans nos téléphones.

Les exemples les plus frappants de machine learning : la machine Alphago, capable de jouer au jeu du go, a vaincu l’homme en octobre 2015 ou le système de recommandation de Netflix.

La robotique : le principe est d’utiliser des contrôles et des calculs basés sur des capteurs pour déverrouiller les capacités de mécanismes complexes et créer des robots capables de réagir face à différentes situations. Le principe est de créer des machines qui agissent physiquement sur l’environnement et capables de réagir face à différentes situations. On en trouve déjà de nombreux dans les entrepôts ou les chaines de montage.

La planification automatique : des algorithmes sont développés pour générer automatiquement des décisions, grâce à une modélisation de l’état initial des choses et en fonction d’évènements prévus ou imprévus.

La démonstration automatique : les machines sont aujourd’hui capables d’effectuer des démonstrations de théorèmes, du calcul différentiel ou de la résolution de systèmes d’équations, etc.

Pour aller plus loin :
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