Méthanisation : enjeux d’aujourd’hui et de demain dans les Hauts-de-France

Le 12 décembre, c’était Métha’Morphose à Saint-Laurent-Blangy, soit la première journée dédiée à la méthanisation dans les Hauts-de-France. Un événement loin d’être anodin pour celle qui ambitionne de devenir la première région européenne du biométhane injecté dans le réseau de gaz.

En 2017, la région Hauts-de-France compte huit unités d’injection de biométhane, cinq d’origine agricole, trois d’origine collectivités. Fin 2018, on en comptera quatre de plus (toutes d’origine agricole) : Ferti Oise à Coudun (Oise), Bioénergie à Parvillers-à-Sempigny (Oise), BLB Gaz et Saconin BioMéthane à Saconin-et-Breuil (Aisne). Cette production cumulée de 65 GWh n’est pas anodine pour la planète : elle représente l’équivalent en énergie de 6 000 foyers, soit un gain sur les émissions de CO2 de plus de 22 000 tonnes !

Les Hauts-de-France, une région qui représente 30% de la production nationale

Dans le domaine de la méthanisation (processus qui permet d’obtenir du biogaz réinjecté dans les réseaux d’énergie classique, après dégradation des micro-organismes de matière organique ou végétale, soit les déchets agricoles, industriels, de collectivités), les Hauts-de-France font figure d’exemple. La région était la première à inaugurer une unité d’injection en France. C’était à Sequedin (dans la métropole lilloise) en 2011. Aujourd’hui, le centre de valorisation organique traite 100 000 tonnes de déchets. Le biométhane qui en résulte permet ainsi de faire rouler un tiers de la flotte des bus de la métropole.

Une région qui continue d’aller de l’avant

61 projets d’injection sont en cours d’instruction. En 2020, 43 sites devraient être en service pour 749 GwH cumulés par an. Des chiffres en pleine adéquation avec la philosophie REV3 des Hauts-de-France. Pour passer à l’ère post-carbone, la méthanisation a rôle essentiel à jouer.

5 à 6000 emplois en 2050

Selon des études, d’ici 30 ans, 40% de la consommation de gaz pourrait provenir de la seule méthanisation agricole. C’est bon pour la planète, mais aussi pour les emplois. Alors que la filière compte 300 emplois, elle en occuperait 5 à 6 000 si la région atteint son objectif de production de biométhane de l’ordre de 10 TWh.

Deux piliers pour soutenir la filière

En Hauts-de-France, la méthanisation peut s’appuyer sur deux acteurs principaux :

  • le collectif opérationnel régional pour le biométhane injecté –CORBI- (qui réunit Conseil Régional, CCI, Chambre d’agriculture, ADEME,  Grdf ainsi que des partenaires publics et privés) s’efforce de faire émerger des unités de production de biométhane. Il est aussi à l’origine de Métha’morphose, première journée dédiée à la méthanisation le 12 décembre dernier.
  • le cluster Méthania, porté par la CCI Hauts-de-France et le Pôle d’excellence Energie 2020, a, lui, entre autres objectifs de faciliter l’accès aux marchés de la méthanisation aux PME des Hauts-de-France.
Pour aller plus loin :
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