Export : quel business faire en Amérique du Sud ?

Nos experts sont là pour vous en dire plus
Jean-Baptiste HERLEM Conseiller en Developpement International - Amérique du Nord - ALENA

Hauts-de-France

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FORUM AMERICAS

La croissance est de retour ! 

2017 a marqué le retour d’une croissance économique forte pour ce continent de 700 millions d’habitants, après les années de crise.
Les prévisions sont encore meilleures pour 2018 et 2019.

Alors que le président américain Trump n’est pas particulièrement tendre avec ses voisins mexicains et canadiens, notamment au sujet des accords de libre-échange nord-américain (ALENA), l’Amérique latine veut plus que jamais développer des échanges avec l’Union européenne.

Le continent donne l’impression de vouloir renouer des liens plus forts avec l’Europe, comme pour contrebalancer les décisions politiques des Etats-Unis. Pour nous français c’est une bonne nouvelle, même si le marché américain reste énorme‘, explique Joël Salaün, conseiller en développement international Europe du Sud, Amérique du Sud et Amérique Centrale à CCI International Hauts-de-France. Pour lui, c’est donc le bon moment pour « aller voir » et « tenter sa chance à l’export ». Tout en gardant à l’esprit que c’est une année d’élection dans beaucoup de pays : Costa Rica, Equateur, Honduras, Colombie, Cuba, Paraguay, Venezuela, Mexique, Brésil, et Guatemala en 2019.

Emergence d’une classe moyenne

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’après les années de crise en Amérique latine, quasiment tous les pays, et en particulier l’Argentine et le Brésil, renouent avec la croissance. La Colombie s’est beaucoup développée et a vu émerger une classe moyenne qui consomme, achète des vêtements, des voitures, des loisirs. Seul le Venezuela est aujourd’hui enlisé dans une crise politique et économique sans précédent malgré ses larges ressources pétrolières.

L’Amérique centrale, quoique composée de petits pays, représente un marché équivalent à celui de l’Espagne et les échanges avec cette zone profitent de l’accord d’association avec l’UE : du point de vue économique, le Panama connaît une grande stabilité grâce au canal ou à la zone franche de Colon et présente une vraie connexion avec la Colombie.

Certaines nations latino-américaines tirent leur épingle du jeu de façon remarquable. Doté de fondamentaux économiques et politiques solides, le Chili est souvent présenté comme la porte d’entrée idéale sur l’Amérique Latine : c’est aussi le pays qui possède le PIB par habitant le plus important, talonné par l’Uruguay ou le Panama, aujourd’hui les plus riches de l’Amérique du Sud (revenus par habitant ou pouvoir d’achat).

Le Costa Rica monte en puissance avec le tourisme et l’environnement (notamment l’agriculture bio). Le Guatelama, Le Salvador et le Honduras ont des besoins en matière de développement durable et d’équipements, malgré des problèmes de sécurité. Sans oublier Cuba, « l’île se veut plutôt accueillante pour les PME », notamment dans des domaines comme le traitement de l’eau et la production/distribution d’électricité.

Quelles opportunités de business en Amérique latine ?

Equipements et infrastructures

Le sous-continent est traditionnellement acheteur de biens d’équipements, notamment pour soutenir sa production industrielle. Aujourd’hui, le contexte de hausse des cours des matières premières (pétroles, minerais…) va favoriser les pays producteurs (Brésil, Pérou, Chili, …) en leur donnant des marges de manœuvres financières pour investir.

Les principaux marchés pour l’offre française d’équipement sont :

  • Le Pérou et le Chili pour son activité d’exploitation minière, le Pérou important une grande quantité de matériel de l’étranger
  • La Colombie qui a lancé un vaste plan de construction de routes et autoroutes, ports et aéroports
  • Le Brésil dont les besoins en infrastructures sont colossaux : un vaste plan a été lancé pour améliorer les routes et les chemins de fer du pays au cours des 25 prochaines années, avec le projet de construire près de 8000 kilomètres de nouvelles routes et 10 000 kilomètres de chemins de fer
  • Le Costa Rica et le Panama ont également engagé de lourds investissements dans les infrastructures

Industries textiles

Le continent sud-américain offre de bons débouchés pour le textile, qu’il soit traditionnel ou technique. ‘Le Brésil est un gros producteur de textile, ce qui nécessite souvent des besoins spécifiques, pour compléter ses gammes. La Colombie cherche également à développer son activité textile. La qualité pousse toutefois beaucoup de Colombiens à acheter sur internet ou à voyager pour trouver des produits de meilleure facture‘, explique Joël Salaün.

Digital

Il existe énormément d’opportunités de business dans le domaine du digital lié au commerce, à la finance, à l’audiovisuel ou à la logistique. Les démarches administratives se font souvent par voie électronique, beaucoup plus qu’en France.

Industries automobiles, ferroviaires, aérospatiales

Le Brésil et le Mexique sont de gros producteurs de voiture, et de véritables industries aérospatiales nationales sont en train d’émerger.

Agroalimentaire

Dans tous les pays d’Amérique latine, les plaisirs de la table tiennent une place importante : on adore manger et de vrais talents culinaires nationaux ont émergé, notamment au Brésil. Le Pérou est réputé pour sa gastronomie. Des politiques nationales de prévention des risques ont même été lancées pour lutter contre l’obésité : l’offre française en produits de santé, naturels, bio a donc une carte à jouer.

Le secteur agricole est aussi une opportunité considérable, notamment au Brésil, en Argentine ou au Chili.

Chirurgie esthétique ou tourisme médical

Avec un secteur hospitalier particulièrement dynamique, la plupart des pays latino-américains sont particulièrement demandeurs de dispositifs médicaux. Rien qu’au Brésil il y a 1,5 fois plus d’hôpitaux qu’aux USA. L’industrie pharmaceutique, au Mexique notamment, est également fortement consommatrice d’équipements.

Les entreprises à la conquête de l’Amérique du Sud doivent ‘se mettre dans un état d’esprit un peu baroudeur, car il y a une forme de prise de risque. Il y a dix ans le Venezuela bénéficiait d’une excellente économie, qui s’est effondrée en peu de temps‘.

‘L’acheminement des marchandises depuis la France est facilité par de nombreux spécialistes. Les Hauts-de-France possèdent un atout avec le Grand Port Maritime de Dunkerque qui développe des lignes commerciales avec l’Amérique latine : les entreprises peuvent d’autant mieux partir à la conquête des marchés qu’elles bénéficient de liaisons performantes et pérennes‘, note le conseiller.

Des coopérations existent entre la région et le Brésil. Le conseil régional ex-Nord-Pas-de-Calais avait noué une coopération avec l’État du Minas Gerais, région au sud-est du pays historiquement minière, dont la capitale Belo Horizonte (troisième agglomération la plus peuplée du pays après São Paulo et Rio de Janeiro), doit faire face à d’importants enjeux climatiques. Un accord de coopération économique existe aussi avec l’Etat du Parana, tout au sud du pays.

 

 

L’image de marque française est un réel atout outre-Atlantique, et pas seulement dans l’univers du luxe‘, fait remarquer Joël SALAUN. Le « Made in France » est très prisé. Décathlon, Kiabi, Dickson, Carrefour sont par exemple bien implantés.

Il n’y a pas de francophobie, les Français bénéficient d’une excellente réputation, les Latino-Américains sont même très contents de travailler avec la France. Quand vous voyagez en Colombie ou au Brésil, vous voyez de nombreuses enseignes portant un nom français parce que cela confère un côté chic‘. La faible compétitivité des industries locales crée aussi un avantage concurrentiel pour l’offre française.

Même si rien n’est encore joué aujourd’hui, des négociations entamées entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et Bolivie) pourraient déboucher sur un ambitieux accord commercial, l’un des plus importants jamais négocié par l’Europe.

Dans le cadre de ces discussions, l’Argentine et le Brésil se révèlent très protectionnistes, a contrario, l’Alliance du Pacifique (composée du Chili, de la Colombie, du Mexique et du Pérou) n’applique que très peu de droits de douanes : c’est donc une belle porte d’entrée pour faire des affaires‘, poursuit le conseiller CCI International Hauts-de-France. Au Brésil, il faut impérativement trouver un partenaire sur place pour s’implanter, «ce qui n’est pas simple et implique de bien se préparer et s’informer mais le jeu en vaut la chandelle».

ZOOM SUR LE FORUM AMERICAS, LILLE, LE 22 JUIN 2018

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