L’écoproduction, c’est quoi ? A quoi ça sert ?

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Tanguy Ledoux

Hauts-de-France

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Michaël Verdier

Hauts-de-France

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Interview de Tanguy Ledoux, conseiller rev3

écoproduction

« L’écoproduction, c’est miser sur une économie sobre s’appuyant sur les concepts d’optimisation et de récupération des flux (énergies, matières première et eau), de cycle de vie ainsi que de gouvernance durable. Ou comment intégrer rev3 dans son fonctionnement et dans sa stratégie pour développer sa compétitivité. »

Quelle est la définition de l’écoproduction ?

« L’écoproduction est une démarche globale permettant d’améliorer la compétitivité. Grâce au développement durable, il est possible de développer son chiffre d’affaires, de réduire ses charges voire même d’embaucher. Réaliser un accompagnement d’écoproduction, c’est prendre le temps de réfléchir aux sources d’économies mais aussi au positionnement de l’entreprise, à travers quatre prismes : la gestion et optimisation des flux (eau, énergie, déchets), la stratégie et la gouvernance, les process et les produits, le bâti. »

Comment met-on en place l'écoproduction ?

« C’est avant tout un accompagnement sur-mesure et évolutif aux besoins de l’entreprise. Par exemple, nous avons récemment accompagné une entreprise qui récupère des déchets de plastique, produits par les plasturgistes. Son métier est de trier ce plastique, de le broyer et de le conditionner, afin de le revendre en fonction des cours. Nous avons d’abord étudié l’optimisation des flux (air comprimé, éclairage, chauffage, isolations). L’entreprise produisant des déchets de bois, nous avons d’abord conseillé d’étudier la possibilité d’utiliser cette matière première pour l’énergie, en remplacement de la chaudière au fioul. C’est ce qu’on appelle les « quick wins », des petites économies qui permettent par la suite de financer des actions plus importantes.

Nous sommes ensuite entrés dans la stratégie de l’entreprise : puisque cette entreprise achète du plastique, pourquoi ne pas diversifier l’activité en vendant non plus de la matière brute mais une matière à forte valeur ajoutée comme les fils plastiques nécessaires à l’impression 3D. Nous avons mené une étude de faisabilité : là où le cours du plastique au niveau mondial se situe aux alentours de 0.5€ le kilo, le fil pour la 3D se négocie aux alentours de 25€ la bobine d’un kilo. Du coup, l’entreprise a décidé d’investir dans une première machine, afin de tester ce marché. »

Que propose la CCI pour accompagner les entreprises ?

« Notre accompagnement s’inspire du scénario de l’association négaWatts. Le constat de départ ? L’énergie la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas, celle que l’on ne produit pas. négaWatt propose de repenser notre vision de l’énergie en s’appuyant sur une démarche en trois étapes :

  1. La sobriété : comment faire mieux avec moins
  2. L’efficacité : comment réduire la quantité d’énergie pour répondre à un même besoin
  3. Le renouvelable : comment faire différemment en priorisant les énergies propres.

L’accompagnement écoproduction proposé par la CCI s’inspire de cette vision tout en élargissement son périmètre à l’ensemble de rev3.

  • La première étape consiste à scanner l’entreprise, afin d’optimiser l’existant (achat d’énergie, usages existants de l’énergie, de l’eau, des déchets produits…) mais aussi explorer le panel des solutions à mettre en place, en fonction de la stratégie de l’entreprise.
  • Après cet état des lieux, nous produisons un rapport très concis, avec une quinzaine d’actions à mener et un échéancier. L’objectif est de donner du clef en main, entièrement sur-mesure : identifier les possibilités d’économies, étudier si le gisement est suffisant, quelles solutions ou technologies sont les plus pertinentes, quelles aides peuvent être accordées, quelles personnes à contacter… L’écoproduction c’est apporter une vision prospective de ce que l’entreprise peut devenir avec un « guide » pas à pas. »

Qui cela concerne-t-il ? Combien de temps ça prend ?

« L’écoproduction est particulièrement efficace pour l’industrie ou les services à l’industrie. Nous sommes en mesure d’intervenir sur toute les tailles d’entreprises, de quelques personnes jusqu’à 4 000 personnes. Tout dépend de la stratégie de l’entreprise et de la volonté de ses dirigeants.

Pour l’accompagnement, il faut compter entre six et huit jours, répartis sur 4 à 6 mois : tout va dépendre des domaines sur lesquels on intervient.  L’accompagnement, c’est aussi bénéficier des retours d’expérience, la possibilité d’échanger avec d’autres entreprises et de pouvoir faire partie d’un club dédié à l’écoproduction. »

Quelques exemples réussis d’écoproduction

Billards Toulet à Bondues a mis au point le premier billard éco-conçu au monde, facteur de croissance et de différenciation. L’entreprise valorise désormais ses déchets de production dans une chaudière biomasse qui a été rentabilisée en moins de deux ans.

CGF Charcuterie à Calais développe un savoir-faire de qualité avec un approvisionnement régional, à destination de la grande distribution sous la marque La Bourgeoise du Nord. A l’occasion d’un déménagement vers un nouveau site de production, l’entreprise a souhaité investir dans un bâtiment éco-responsable, avec lean management, isolation écologique pour gérer le froid, récupération d’eau de pluie, utilisation alternative du foncier non bâti, production d’énergies renouvelables mais aussi amélioration du cadre de travail, avec mise en place d’une politique RSE.

Les Etablissements Prouvost, installés à Tourcoing, fabriquent des objets religieux, de la carte à la croix en bois, en passant par le chapelet : jusqu’à présent, l’assemblage était essentiellement assurés par des ouvrières à domicile retraitées en Auvergne. L’entreprise a souhaité re-localiser et re-industrialiser sa production en Hauts-de-France en prenant en compte les aspects environnementaux et le développement de nouveaux produits à travers le co-design.

Floracos à Lambersart fabrique des bougies très haut de gamme, nécessitant une qualité irréprochable du produit. Pour cela, l’entreprise va investir dans un nouveau bâtiment, avec une température stable pour ne pas dégrader le produit mais également une chaudière bois, une ossature bois, des matériaux bio-sourcés, de la récupération des eaux de pluie, des panneaux solaires, une mini-station d’épuration avec des roseaux… La CCI l’a aidé à se positionner sur les technologies et à avoir une idée des gammes de prix.

 

Groupe Caille à Laon est une entreprise de logistique qui a su se réinventer et se reconstruire au gré de son histoire pour, aujourd’hui, développer son savoir-faire au travers de quatre activités principales : Transport ; Déménagement ; Logistique ; Archivage. REV3 en adéquation avec cette stratégie a permis de faire émerger de nombreux projets : station GNV publique sur Laon, optimisations du site actuel (réduction et optimisation de la gestion de l’eau, des déchets et efficacité énergétique), réfection de toiture et projets d’installation panneaux solaires ainsi que développement d’une franchise nationale d’archivage.

Pour aller plus loin :
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