Comment financer sa reprise d’entreprise ? Réponses d’un expert

Vous souhaitez reprendre une entreprise ? C’est une bonne idée si l’on considère que vous allez vous épargner une partie des étapes de la création tout en prenant un risque moins important (le business tourne déjà). Reste à savoir ce que coûte une entreprise et comment financer ce rachat ! Nicolas Kaczmarek, conseiller-expert en reprise-transmission au sein de la CCI Aisne, partage son expérience.

Nous sommes deux conseillers spécialisés et nous accompagnons aussi bien les chefs d’entreprises qui souhaitent vendre leur entreprise, que les repreneurs qui souhaitent acheter une activité dans le département de l’Aisne. La CCI Hauts-de-France, à travers les agences présentes dans chaque département, est l’interlocuteur de confiance, pour les cédants comme pour les repreneurs dans toute la région.

Le vrai point fort des Chambres de commerce et d’industrie, c’est d’être un gage de sérénité car elles sont présentes à chacune des étapes, que ce soit côté cédant ou repreneur. Pour chaque cession d’entreprise, nous mobilisons notre réseau pour trouver des repreneurs potentiels. Nous publions les annonces sur le site Transentreprise.com, qui est très largement consulté car il bénéficie d’une certaine notoriété. Nous sommes également en mesure de filtrer les contacts entrants, afin de ne présenter que les repreneurs potentiels en adéquation avec le projet.

Je m’explique : le cédant attend avant tout une mise en relation, car l’expert-comptable a souvent fait une estimation de la valeur de l’entreprise. Par contre, si le repreneur souhaite racheter une entreprise sans avoir d’apport financier personnel, nous savons par expérience que la cession a très peu de chance d’aboutir. Nous évitons donc au cédant de perdre du temps.

Justement, quand on souhaite racheter une entreprise, comment financer la transaction ?

Que le rachat d’entreprise soit synonyme d’un changement de vie complet ou d’une évolution dans sa branche professionnelle, il y a souvent deux critères déterminants. D’abord l’apport financier, qui doit être généralement de 20 à 30% et qui peut être fourni par l’épargne personnelle mais également la love money (l’argent que peut vous donner ou avancer vos proches) voire également le crowdfunding (financement collaboratif via notamment des plateformes en ligne faisant appel au public). C’est souvent la condition sine qua none pour espérer ensuite obtenir des crédits bancaires, un cautionnement BPI, voire un co-financement via des sociétés de capital investissement. Ces prêts peuvent aussi être complétés par tout un tas d’aides qui peuvent être accordées par Pôle Emploi ainsi que des prêts d’honneur à taux zéro, sans oublier les exonérations de charges sociales.

Reprise d’entreprise : avez-vous un exemple en tête ?

Nous sommes sur le point de finaliser la transaction d’une entreprise de travaux agricoles. Le repreneur disposait d’un très bon profil avec non seulement des connaissances techniques mais aussi un apport. Son épouse était dans le métier et pour elle, ce serait aussi un complément d’activité. Nous avons répondu à toutes les questions du cédant. Nous avons accompagné le repreneur avec un audit de reprise, afin qu’il connaisse l’entreprise dans ses moindres détails. Les deux parties se sont mises d’accord sur un prix et la CCI a gardé une position neutre, afin d’aboutir à un accord gagnant-gagnant. Contrairement à un cabinet privé, nous ne sommes pas commissionnés sur le prix de vente : notre intérêt, c’est de conserver le savoir-faire et les emplois sur le territoire. La Région Hauts-de-France va prendre en charge la quasi-totalité de notre intervention (d’une valeur de 1500 euros) dans le cadre du ‘booster Transmission‘ (pour les entreprises de moins de 20 salariés et plus de trois ans d’existence).

Comment se passe la transmission du côté du cédant ?

Dans les petites et moyennes entreprises, les dirigeants ne « vendent » pas leur boîte, ils cherchent d’abord à transmettre l’activité à une personne qui saura s’en occuper. Ils sont d’ailleurs majoritairement prêts à accompagner leur successeur pendant trois, six mois ou un an. En matière de reprise, il est essentiel de bien connaître ses clients et ses fournisseurs mais il faut aussi se faire accepter des salariés. D’une manière générale, les cédants restent très attachés à leurs collaborateurs, ils souhaitent que l’on perpétue cet esprit de famille. Et surtout, ils ont envie de faire perdurer l’activité. Car le dirigeant qui part détient souvent une grosse partie du savoir-faire.

Combien coûte un fonds de commerce ou une entreprise dans l’Aisne ?

Il y a un peu tous les prix ! Dans le domaine des cafés hôtels restaurants, c’était jusqu’à présent assez cher mais, en raison du Covid-19, des horaires et d’une certaine pénibilité du métier et les difficultés de recrutement, les repreneurs semblent se désintéresser de ce genre d’activité. Par exemple, dans l’Aisne, il y a actuellement une vingtaine de bars à vendre, essentiellement pour cause de départ à la retraite. Je dirai donc que le repreneur a le choix, il peut négocier les prix. Pour une activité bar avec « Française des Jeux », ça démarre à 50.000 euros pour aller jusque 250.000 euros avec PMU par exemple. Si l’on considère qu’il faut 20% d’apport au minimum, cela représente entre 10.000 et 50.000 euros d’apport.

En fait, chaque cession de fonds de commerce ou d’entreprise est différente. Là par exemple, une petite pizzeria est mise à la vente à 40.000 euros, ce qui n’est pas cher mais les cédants vendent également les murs à 180.000 euros, l’investissement dès le départ dans l’immobilier pouvant être un obstacle pour certains. La difficulté dans cet exemple, c’est que la configuration des lieux ne permet pas de scinder l’habitation du commerce.

Quel genre d’entreprises sont à vendre actuellement dans l’Aisne ?

Pour les exemples qui me viennent en tête, cela va du commerce traditionnel, en commerce de bouche comme en non alimentaire, à la TPE (Très petite entreprise) en mécanique industrielle ou en chaudronnerie, par exemple. Globalement, notre accompagnement vise les entreprises de taille modeste, n’excédant pas en général plus de 20 salariés.

Comment se passe une mise à la vente par un chef d’entreprise ?

Quand nous sommes sollicités par le cédant, nous allons commencer par faire un diagnostic : c’est une sorte d’évaluation globale de son entreprise : elle analyse les forces et les faiblesses, les choses qui peuvent encore être développées, une fourchette de prix possibles en fonction de différentes méthodes, etc. Le vendeur reste toujours libre de proposer le prix de vente qu’il souhaite. D’un autre côté, nous pouvons également accompagner le repreneur à comprendre ce qu’il achète mais aussi à monter son dossier juridique et financier, afin de monter sa structure juridique et décrocher les financements nécessaires.

La difficulté actuelle en termes de cession transmission, c’est qu’en raison de la pandémie de Covid-19, les bilans 2020 ou 2021 ne peuvent pas vraiment être pris en compte. On se base donc plus volontiers sur les bilans 2018 ou 2019 comme référence, mais cela n’a généralement pas d’impact sur le prix de vente. Du côté des repreneurs, on rencontre de plus en plus de profils prêts à changer de vie, souvent des salariés qui souhaitent se mettre à leur compte.

Vous aussi vous souhaitez reprendre une entreprise ?
Vous avez besoin de vous faire aider pour cet acte d’achat ?

Les conseillers sauront vous guider avec tout un panel de solutions, dans la création d'entreprise, son développement comme dans l'acquisition de sociétés et de fonds de commerce.

La CCI a accompagné dans l’Aisne plus de 500 créateurs-repreneurs l’année dernière, notamment à travers les formations 5 jours pour entreprendre ou 5 jours pour reprendre, le Plan régional de Formation qui accompagne des demandeurs d’emplois. Le Booster Transmission finance l’accompagnement de la CCI à la reprise, afin de vous aider à bien comprendre les mécanismes d’évaluation financière et à monter le dossier de présentation de reprise, notamment auprès de la banque.

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