Brexit : 672 millions d’euros pour faire face aux effets négatifs

Même s’il est difficile de distinguer les impacts de la Covid-19 ou du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et le rétablissement des frontières douanières ont incontestablement rebattu les liens économiques entre les deux pays.

‘Les financements indispensables seront bientôt mis à la disposition des régions et des entreprises européennes les plus touchées, en particulier les PME et leurs travailleurs’, a indiqué Zvonko Černač, ministre slovène du développement et de la politique de cohésion de l’Union européenne. ‘Notre objectif est d’aider les plus vulnérables à traverser une difficile période d’ajustement aux conséquences du Brexit. Cela témoigne de la solidarité de tous les États membres avec les régions les plus touchées.

Sur les 5 milliards provisionnés, la Commission européenne a réservé 672 millions d’euros pour la France. ‘Cet instrument d’urgence spécial et ponctuel soutiendra les entreprises publiques et privées confrontées à une perturbation des flux commerciaux, y compris en ce qui concerne les nouveaux coûts engendrés par les contrôles douaniers et les procédures administratives’. Le Parlement a souhaité que ce soutien bénéficie prioritairement aux PME et aux travailleurs indépendants ainsi qu’au secteur de la pêche.

Malgré tous les efforts pour fluidifier le trafic, les chiffres Eurostat font en effet état d’une baisse significative en janvier 2020, premier mois de rétablissement effectif de la frontière. Les exportations vers le Royaume-Uni ont baissé de 27,4% à 18 milliards d’euros et les importations vers le continent ont chuté de 59,4 % à 6,4 milliards d’euros. ‘Depuis le mois de janvier, on dénombre 40% de retour à vide pour le transport de marchandises au départ du Royaume-Uni‘, souligne une étude du Pôle d’excellence Euralogistic.

Phénomène inédit depuis 1997, date de premier enregistrement de ces données, le Royaume-Uni importe davantage de biens de pays situés en dehors de l’Union européenne qu’en provenance du marché unique. L’office national des statistiques attire l’attention sur le fait que ce premier trimestre, au vu du contexte de pandémie et de baisse générale d’activité, ne reflètera pas la situation à plus long terme. En mars dernier par exemple, les exportations de biens automobiles vers l’Union européenne, étaient revenus à leurs niveaux d’avant crise. Impossible pour autant de déterminer si ces perturbations risquent de s’inscrire dans le long terme…

Mécaniquement, de nombreuses entreprises britanniques ont déjà repensé leurs chaines d’approvisionnement, au profit de fournisseurs nationaux ou hors Union européenne. Il faut s’attendre à ce que le prix des importations coûtent désormais plus cher à la Grande-Bretagne, à cause des nouvelles formalités et des allongements de temps de transport.

De leur côté, le tunnel sous la manche ou le port de Calais ont bien anticipé pour maintenir la fluidité du trafic

Les infrastructures n’ont pas été saturées, sauf si ce n’est à l’approche de la date fatidique en raison d’un phénomène de surstockage et juste après la mise en place du Brexit, à cause des nouvelles formalités douanières à réaliser. Calais et Dunkerque ont accueilli de nouvelles liaisons vers l’Irlande, bénéficiant actuellement d’un « land bridge », un pont terrestre permettant de contourner les formalités.

Les chargeurs des Hauts-de-France, interrogés par le Pôle d’excellence Euralogistic, ont fait état de diverses répercussions du Brexit sur leurs activités

 

TRB, implantée à Nesles dans le Pas-de-Calais, n’a pas trouvé de transporteur pour livrer à temps et avec le bon document. Pour Doublet, fabricant de textile industriel notamment pour les drapeaux installé à Avelin près de Lille, il est compliqué de trouver un acheminement de petits colis à prix abordables : les charges fixes de transport vers le Royaume-Uni ont augmenté en moyenne de 110 euros sur des factures de 500 à 1000 euros.

Ce qui pourrait amener des entreprises comme Prefere Resins, industriel de la chimie, installé à Brebières, ou encore Igol Lubrifiants, fabricant d’huile de moteur, implanté dans la Somme à se retirer du marché britannique. A contrario, des distributeurs comme Décathlon, capables de négocier des prix en amont sur de gros volumes, n’ont pas observé de différences de prix significatives.

Même s’il subsiste des lourdeurs administratives du côté britannique, les entreprises sont relativement satisfaites des réponses apportées par la douane française

 

Restent les délais de livraison : ils s’allongent parfois de manière dramatique (passant de cinq jours à un mois) et pèsent sur la production, comme chez Doublet ou Nutripack (entreprise de textile industriel basée à Flines-lez-Raches). Certaines entreprises de chimie appréhendent des changements encore à venir dans la réglementation : l’enregistrement sous l’autorité britannique de leurs produits pourrait générer des coûts supplémentaires. Dans les mois à venir, les contrôles devraient se durcir. Sans oublier des frais de douanes et de TVA appliqués par la future législation européenne pour les produits à faible valeur ajoutée.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Le Royaume-Uni reporte à 2022 l’introduction des contrôles douaniers pour les marchandises importées en provenance de l’Union européenne

 Que va-t-il se passer pour l’exportation de vos marchandises au 1er janvier 2022 ? 

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