Comment bien recruter malgré la pénurie ?

Dans le dernier numéro de son magazine Influx, le MEDEF Grand Lille aborde la question cruciale du recrutement. Quelles sont les solutions ? Pour Frédéric Motte, président du syndicat patronal, ‘le constat est sans appel : ces derniers mois, nos entreprises ont plus de mal à trouver des candidats’, que ce soit dans les secteurs de l’industrie, de l’énergie, des transports, du bâtiment, de l’hôtellerie, de la santé, etc.

Comment bien recruter malgré la pénurie ?

Pourtant, plus de 4 800 projets de recrutements ont été annoncés dans la presse au cours de cet été. L’industrie se démarque avec plus de 1 700 projets recensés. Les services occupent la seconde position avec plus de 1 300 projets et le transport-logistique se situe en 3ème position avec 900 emplois annoncés.

Pourquoi les dirigeants ont du mal à recruter ?

Seulement voilà : beaucoup de chefs d’entreprises ne trouvent pas les niveaux de qualification requis parmi les candidats. ‘Déficit d’image, quête de sens, implication des jeunes générations, rémunérations trop faibles ou inégales selon les bassins d’emploi… Les abandons de recrutement ne sont pas liés qu’au manque de qualification. Et si les difficultés venaient parfois de notre propre fait, entre recrutement trop urgent, manque de moyens financiers ou difficultés liées au processus interne de recrutement ?‘, questionne Frédéric Motte dans son édito du dernier numéro d’Influx.

Quelles sont les causes de la pénurie ?

Les étudiants sont aujourd’hui trop nombreux à s’orienter vers des secteurs saturés, certes. Mais ce n’est pas la seule raison, peut-on lire dans Influx : ‘Les entreprises souhaitent pouvoir créer des emplois mais le coût reste élevé tandis que la formation alourdit les charges. A cela s’ajoutent parfois les contraintes d’une implantation géographique ou d’un bassin d’emploi en difficulté, qui constituent un handicap sur le plan RH : manque de personnel formé dans la région, implantation en zone rurale, mal desservie par les transports, etc. Dès lors, embaucher des personnes qualifiées et disponibles immédiatement devient un pari compliqué.’

Si on ajoute à cela des difficultés liées aux métiers en eux-mêmes, comme une mauvaise image, des horaires décalés, une rémunération peu attractive, pas étonnant que les offres aient du mal à attirer des candidats.

De façon plus profonde, on assiste à une vraie évolution des métiers : ‘50% des métiers qui existaient il y a trois ans n’existent plus ou se sont modifiés. Et d’ici 2028, on estime que 50% des emplois seront transformés’ explique Karine Charbonnier, vice-présidente en charge de la formation professionnelle et des relations avec les entreprises. ‘Nous savons aujourd’hui que la formation conduit à un emploi. Plus un demandeur d’emploi s’inscrit rapidement dans un process de formation, plus il aura de chance de trouver rapidement.’

En quoi la réforme de la formation professionnelle va-t-elle pouvoir aider ?

La réforme entend mieux intégrer les jeunes dans le monde professionnel, en permettant aux branches professionnelles d’avoir toute la latitude nécessaire pour la mise au point des programmes de formation des alternants et d’ouvrir des CFA en fonction des besoins.  La Région Hauts-de-France, si elle n’est plus désormais le pilote, restera un maillon fort de la chaîne de formation, à commencer par la formation et l’apprentissage. Avec le programme ‘Agir pour réussir’, lancé début septembre, Pôle Emploi et la Région proposent 40 000 places de formations d’ici la fin 2018.

Lors des Etats-Généraux de l’apprentissage organisés en juin dernier, le Conseil régional a annoncé poursuivre l’aide de 3000 euros pour le recrutement d’un apprenti de plus de 18 ans : c’est une initiative unique en France.

La Région va également mettre en place un partenariat avec l’Institut de l’entreprise, une communauté ouverte d’entreprises qui travaille à mieux comprendre et valoriser le rôle de l’entreprise au cœur de la société. L’objectif est de valoriser toujours plus l’apprentissage comme voie d’excellence. Les branches professionnelles vont, elles, mobiliser des « ambassadeurs de l’apprentissage » : chefs d’entreprise, maîtres d’apprentissage et apprentis. Ces derniers feront la promotion de l’apprentissage auprès des jeunes dans les établissements.

Quelles solutions avancées aujourd’hui ?

‘Que l’on soit chef d’entreprise ou acteur’ de l’emploi, il faut rester lucide, s’attacher à recruter autrement, former différemment et engager un travail plus structurant sur la compétence. C’est ainsi que nous serons prêts à répondre aux changements de demain’, souligne dans Influx Nadine Crinier, Directrice régionale de Pôle emploi Hauts-de-France.

Les solutions

  • Travailler sur l’attractivité des postes proposés. Plus les entreprises sont prêtes à investir pour adapter les personnes aux postes de travail, plus elles auront de chances de bien recruter. ‘De nombreux employeurs accompagnés par Pôle emploi acceptent de bouger les lignes et modifient leurs process de recrutement. On doit amplifier ce mouvement’, assure Nadine Crinier.
  • Anticiper les délais de recrutement. ‘Nous sommes aujourd’hui dans un marché de candidats. Auparavant, les employeurs mettaient un certain temps à capter les candidats, à les recevoir et à leur donner une réponse finale. Aujourd’hui, il faut plus de réactivité dans la réponse au risque de perdre les candidats’, ajoute-t-elle.
  • Composer avec les nouvelles aspirations : l’intégration, la formation et la fidélisation des talents sont devenus tellement essentiels que certains n’hésitent pas à mettre en place des pôles de formations en interne.

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