Smart city et smart-grids : zoom sur deux projets

Béthune est devenue Smart city : en quoi ça consiste ?

À Béthune, on raisonne Smart city. Mais de quoi s’agit-il ?

En février dernier, il y a eu du monde à la « Maison du Projet » de Béthune, rue Sadi-Carnot, dans le cadre du « Béthune LAB ». Nicolas Bataillon, chef de projet Smart city, accueillait les partenaires de ce dispositif :

« ce sont des partenaires privés, publics, académiques, qui vont travailler avec nous sur la définition de stratégies innovantes de développement territorial, et sur des outils concrets à expérimenter à Béthune ».

Smart city ? Ce mot rime désormais avec Béthune, mais il dépasse largement l’image d’Epinal des lampadaires connectés. « Nous allons beaucoup plus loin que les nouvelles technologies dans la ville, explique Nicolas Bataillon. La Smart city vise à promouvoir une ville innovante, durable et collaborative. Sur ce dernier point, il s’agit notamment de construire la ville de demain avec les Béthunois bien sûr, mais également avec l’ensemble des partenaires qui souhaitent nous accompagner dans cette démarche de transformation de la ville. »

Plusieurs projets ont déjà été mis en route dans ce cadre.

La page https://smartcity.ville-bethune.fr/masterplan liste ceux déjà en place et ceux qui restent à faire. La médiathèque Elie-Wiesel va prochainement se transformer en lieu de vie, des parcmètres connectés et du wifi public ont été mis en place, un travail est mené avec le Sivom du Béthunois sur les circuits courts et la réduction du gaspillage dans la restauration scolaire, des véhicules électriques ont été acheté par la ville, un réseau de chaleur alimenté au gaz de mine est en déploiement, etc. Une patinoire en lien avec la Troisième révolution industrielle, comme un cluster numérique sont également en phase de réflexion.

La Maison du Projet, qui a pris place dans les anciens locaux de la CCI, n’est pas épargnée par ce foisonnement d’idées : un espace de coworking et un fablab pourraient prochainement y voir le jour.

« Le lieu nous permettra également d’expliquer les enjeux d’une ville intelligente. Il doit en outre refléter le dynamisme de la ville et contribuer à son attractivité », conclut Nicolas Bataillon.

Mel So Connected : la MEL teste les smart-grids

La Métropole Européenne de Lille a lancé une expérimentation grandeur nature de réseaux électriques intelligents pour consommer moins et mieux l’électricité. 

Enedis teste depuis quelques années déjà des solutions techniques à la croisée des transitions énergétique et numérique un peu partout en France. Dans ses 20 démonstrateurs smart grids, on teste ainsi le réseau électrique intelligent, par la mise au point des compteurs communicants, par l’intégration de fortes capacités de production éolienne sur un réseau rural, par la mise en place d’un quartier solaire intelligent capable de stocker l’électricité pour gérer les pointes de consommation ou encore de mettre tout simplement à disposition la consommation électrique via un site internet.

Pour passer des démonstrateurs à la réalité, et surtout à en démontrer la viabilité économique, la Métropole Européenne de Lille a lancé le projet  So Mel  So Connected avec l’expertise technique d’Enedis, le soutien financier de l’Etat par le Programme d’investissements d’avenir piloté par l’ADEME et la participation d’EDF, Intent Technologies, Dalkia, Yncréa Hauts-de-France et Lille Economie Management (soit 20 millions d’euros sur quatre ans).

Au total, 15 projets parmi lesquels :
  • le parking-relais de l’hôpital Saint-Philibert à Lomme, équipé de panneaux solaires alimentant des bornes de recharge pour 12 véhicules électriques. D’autres devraient équiper un parking souterrain de l’hyper-centre de Lille
  • le déploiement de panneaux photovoltaïques d' »autoconsommation »sur les toits de nombreux bâtiments dont Euratechnologies, le MIN de Lomme, le bâtiment Rizomm de l’université catholique de Lille
  • la récupération de l’hydrogène inutilisé de l’usine Produits chimiques de Loos pour produire de l’électricité
  • la récupération des énergies des groupes frigorifiques de la zone commerciale du grand But à Lomme pour alimenter le réseau de chaleur du quartier Humanicité.
  • le déploiement des compteurs intelligents Linky qui permettent de surveiller sa consommation en temps réel

Pour l’ensemble des acteurs, les smart grids sont non seulement la colonne vertébrale de la transition énergétique, mais ils représentent aussi une filière industrielle, porteuse d’emplois et de développement économique.

« C’est ainsi que nous serons plus réactifs, plus économes, moins polluants… et que nous pourrons – localement –  adapter la consommation à la production et inversement ! », a résumé Damien Castelain, président de la MEL.

Pour aller plus loin :
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