Il faut s’attendre au pire pour le Brexit

Nos experts sont là pour vous en dire plus
Benoit Breux

Hauts-de-France

03 20 63 79 37
Sylvie Herlem Conseiller en développement international – Zone Europe du Nord

Hauts-de-France

03 59 56 22 37

Les négociations actuelles sur la nature du futur Brexit font apparaître des mesures potentiellement très impactantes pour les Hauts-de-France, comme ce fut le cas avec la proposition de BREXIT sur la modification des corridors maritimes*‘, résume Norlink Ports, l’union commerciale des ports du Nord qui compte aujourd’hui 25 adhérents, accueillant récemment Getlink / Eurotunnel.

Une position confirmée par la visite ce mardi 2 octobre de Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, qui a notamment annoncé la création d’un bureau de douane à Calais. Gérald Darmanin a avancé que les technologies innovantes pourraient faciliter les contrôles, sachant que toutes les opérations ne seraient pas réalisées dans le périmètre immédiat du port.

Assurer la fluidité

Nous préférons envisager le pire des scénarios pour être certains d’assurer la fluidité‘, explique Stéphane Raison, président du directoire de Dunkerque-Port. ‘70% des échanges vers et de la Grande-Bretagne s’effectuent par la route, traversant le détroit soit par la mer vers Calais ou Dunkerque soit par le tunnel sous la manche’.

Le BREXIT devrait de plus générer de nouveaux besoins : en matière d’aménagement des sites-entrepôts douaniers, etc. mais également de ressources humaines. Tout en générant des opportunités nouvelles pour les territoires, avec la création de filières logistiques liées à cette nouvelle frontière : il y aurait possibilité de tirer profit ‘des ruptures engendrées par cette nouvelle frontière‘ pour le développement notamment d’activités logistiques.

Evolution des infrastructures

C’est pourquoi les ports ont mis en place une remise à niveau les infrastructures, notamment en termes de parkings, de hangars, de bâtiments pour accueillir les nouveaux services de contrôles‘, poursuit Stéphane Raison. Norlink va également communiquer largement sur les effets de ce Brexit auprès des entreprises : ‘Nous réfléchissons à la formation des entreprises chargées du transit des marchandises et à la mise en place du Cargo Community System (CCS) commun aux ports des Hauts-de-France et des Douanes’, a précisé Bruno Fontaine, président de Norlink Ports et, par ailleurs, président de la CCI Grand Hainaut.

De son côté, l’état se prépare à affecter plus de douaniers pour les contrôles vétérinaires et phytosanitaires. Sur 700 douaniers recrutés prochainement à l’échelle de la France, 200 devraient être rattachés à Calais et à Dunkerque. Mais toute la difficulté est aujourd’hui de jauger précisément les contrôles demandés à l’issue des négociations.

La mission « axe Nord » du Préfet de la Région Hauts-de-France

Mission confiée à Michel Lalande par le Premier Ministre en février 2018, faisant suite aux Assises de la Mer organisées en novembre 2017. L’objectif est de concentrer la stratégie portuaire de la France sur 3 axes : Seine, Rhône et Nord. Norlink Ports a activement appuyé les services du préfet durant cette mission, en participant aux différents comités de pilotage et groupes de travail établis à cette occasion.

Les thèmes de travail suivants ont fait l’objet d’une attention toute particulière de la part de l’association :

  • faire des Hauts-de-France le hub portuaire et logistique de l’Europe du Nord-Ouest
  • améliorer la sécurité, la sûreté, la fluidité et mettre en place les conditions de réussite du Brexit
  • mettre en place un travail de coopération entre les axes

*Cette proposition de modification du corridor aurait positionné (pour éviter les futurs passages de douanes en entrée et à la sortie du Royaume Uni) les ports du Benelux en tant qu’accès privilégiés de l’Irlande vers l’Europe continentale, au détriment de la façade maritime des Hauts-de-France.

Pour aller plus loin :
Group 22iconlinkedin-logo (3)GroupGroup 17noun_518918twitter-logo-on-black-background (2)Shapeyoutube-play-button